25.04.2008

Théologie de la libération

Les théologies de la libération en Amérique Latine: généalogies et transformations

                                     PAR GUILLERMO KERBER

1057019594.jpgIntroduction

C’est avec grand plaisir que j’ai accepté de venir vous rejoindre pour partager quelques idées dans le cycle de conférences - débats organisé par le Groupe Porteur Bolivie (GPB). Je remercie infiniment les organisateurs, particulièrement Sylvain Thévoz,  et la Faculté Autonome de Théologie Protestante de l’Université de Genève pour cette invitation. Merci également au Centre Culturel Latino-Américain Tierra Incógnita d’avoir fait la liaison entre le GPB et moi. Accepter de venir représente un double défi pour moi. Premièrement parce que je dois parler en français (j’avais demandé à Sylvain de le faire en espagnol, sans succès). Deuxièmement parce que je voudrais partager un regard sur « les généalogies et transformations des théologies de la libération en Amérique Latine », contextualisé par ma vie à Genève et particulièrement par mon travail au Conseil Œcuménique des Eglises (COE), au sein de l’équipe des Affaires Internationales. Cela veut dire, un regard, une perspective intéressés par les développements politiques en Amérique Latine. Et que constate-t-on en Amérique Latine aujourd’hui sur le plan politique? Au moins un développement intéressant sinon inattendu. La victoire de Chavez le dimanche 3 décembre au Venezuela, l’élection de Daniel Ortega au Nicaragua, les gouvernements de « gauche » au Brésil, en Argentine, en Uruguay, au Chili ; le gouvernement d’Evo Morales en Bolivie, l’élection de Rafael Correa en Equateur, sont des signes qui vont au delà de conjonctures électorales. Il y a à mon avis, dans la plupart des cas, mais avec des différences importantes, un désir de changement sous-jacent exprimé lors des votations. On pourrait dire que l’Amérique Latine bouge. Et aux yeux des analystes politiques elle devient un cas digne d’être étudié. Est-ce que ces mouvements politiques ont quelque chose à voir avec la TL?  J’espère qu’après ma présentation, qui sera un développement du titre suggéré par les organisateurs « Les théologies de la libération en Amérique Latine: généalogies et transformations », avec une attention particulière à la théologie catholique-romaine, nous aurons quelques instruments pour répondre à cette question.  

1.      Les généalogies des théologies de la libération en Amérique Latine.

Ce titre veut exprimer qu’il n’y a pas une seule généalogie ni une seule théologie de la libération. Si on veut comprendre le phénomène appelé théologies de la libération latino-américaines, ou plus communément « théologie de la libération » (TL) nous devons nous situer en Amérique Latine (pas en Afrique, en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord) et dans les années 60 – 70, car la contextualisation « espace – temporel » est très importante.

L’Amérique Latine de la fin des années 60, début des années 70, est caractérisée par: 

·        Une affirmation des mouvements sociaux, qui se développent rapidement et poursuivent le changement social et structurel ;

·        L’apparition des mouvements révolutionnaires dans toute la région, qui veulent le changement immédiat et qui optent pour la violence armée pour conquérir le pouvoir ;

·        Divers intellectuels qui développent les Sciences Sociales Latino-américaines (CSLA) en présentant des théories de la dépendance et son « Korrelat », la libération. C’est dans les écrits des représentants des CSLA comme Theotonio dos Santos, Orlando Fals Borda ou Fernando Henrique Cardoso, (le même qui fut Président du Brésil avant Lula!) que nous trouverons la première expression de la libération.

·        Un lien étroit entre réflexion et action. Ce sera une caractéristique des TL,  mais pas seulement des TL. Egalement de la pédagogie de la libération avec,  par exemple, Paulo Freire ou la philosophie de la libération, avec, par exemple, l’argentin Enrique Dussel et sa monumentale « Etica ».

·        Au niveau de l’église catholique, la conférence générale des évêques latino-anéricains à Medellin (1968) adopte des documents presque révolutionnaires, concernant la justice, la paix, l’option pour les pauvres.

C’est, en résumé, une décennie bouleversée par de multiples manifestations sociales, politiques et théoriques.

C’est dans ce contexte, dans ce « humus » que les théologies de la libération sont nées. Avec des différences notables. Sans prétendre être exhaustif on peut dire que, par exemple, dans « Teología de la liberación » du péruvien Gustavo Gutiérrez, on voit l’influence du penseur marxiste péruvien José Mariátegui ; Leonardo Boff, mais aussi la « théopoétique » de Rubem Alves, sont clairement brésiliens ; les jésuites Jon Sobrino et Ignacio Ellacuria, présenteront une version centraméricaine (et jésuitique), qui dès les années 80 va inclure fortement la notion de « martyre », avec les assassinats de Monseñor Romero et d’Ellacuria et d’autres jésuites à El Salvador ; finalement dans les écrits de Juan Luis Segundo, Julio de Santa Ana, José Miguez Bonino, j’oserais dire que la théologie « rioplatense », de l’Argentine et de l’Uruguay, est faite en rythme du « dos por cuatro », du tango  A mon avis, les théologies de la libération sont un exemple clair de la contextualité de la théologie.

 

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2.      Les contenus matriciels des théologies de la libération

 

Mais, s’il y a des différences significatives entre les théologies de la libération latino-américaines, pourquoi les appelle t-on comme ça ? La réponse qui paraît évidente n’est pas valable. Ce n’est pas parce que les théologiens parlent de libération. Segundo, par exemple, parlera plutôt de « Libération de la théologie » que de TL. Les TL ne sont pas des théologies du génitif, ce ne sont pas des réflexions théologiques autour d’un thème, dans notre cas la libération. Quel est le dénominateur commun ?

 

G. Gutiérrez dans son article « Teologia desde el reverso de la historia » écrit : “En la teología de la liberación hay dos intuiciones centrales que fueron además cronológicamente las primeras y que siguen constituyendo su columna vertebral. Nos referimos al método teológico y a la perspectiva del pobre”. Gutiérrez souligne ce que j’appelerais deux des contenus matriciels des TL: la perspective du pauvre et la méthode théologique.

La perspective du pauvre est la tentative de se situer (lieu social, lieu épistémologique) dans le lieu du pauvre. La notion du pauvre n’est pas, dans les TL premièrement une notion économique. Dans son Teología de la Liberación Gutiérrez écrit : "El pobre, hoy, es el oprimido, el marginado por la sociedad, el proletario que lucha por sus más elementales derechos, la clase social explotada y despojada, el país que combate por su liberación " Les différentes catégories sociologiques ou politiques : le marginal, l’opprimé, l’exclu, le vulnérable, la victime sont les expressions du sens du pauvre (ani, anav, anavim), qui est révélé dans la Bible et qui est au centre du message paradoxal du Jésus : « Heureux vous, les pauvres, le Royaume de Dieu est à vous » (Luc 6, 20 – TOB).

La méthode de la théologie de la libération(MTL) est l’autre intuition que présente Gutiérrez. La MTL a été présentée comme un affinage de la méthodologie des groupes de l’Action Catholique : voir – juger – agir. Ces trois moments réfèrent à la connaissance de la réalité (avec un instrumental adéquat) (voir), la confrontation de la réalité avec la Parole de Dieu (juger) et finalement l’action conséquente avec l’interprétation de la réalité.   Une autre façon de le dire est celle que présente, par exemple, Ellacuria, "La teología ha sido históricamente reflexión sobre la fe, pero desde una situación determinada social y culturalmente ". La théologie est, pour les théologiens latino-américains un deuxième moment. Le premier moment est la réalité, la vie, l’histoire. La théologie comme deuxième moment est une réflexion, un retour sur la réalité. Gutiérrez dira: « La teologia como reflexion critica sobre la praxis histórica a la luz de la palabra, no solo no reemplaza las otras funciones de la teología como sabiduría y como saber racional, sino que las supone y necesita". Plus tard, une des meilleures oeuvres sur la MTL , à mon avis, la Théologie politique de Clodovis Boff, présentera les différents moments de la TL comme médiations : la médiation socio - analytique, la médiation herméneutique et l’articulation dialectique entre théorie et praxis[17]. C’est dans la médiation socio-analytique que l’instrumental marxiste est privilégié, en opposant une lecture dialectique de la réalité face à une lecture fonctionnaliste. Comme Clodovis Boff le souligne, c’est principalement la version althussérienne du marxisme, en différentiant le matérialisme historique du matérialisme dialectique, qui offre des possibilités attrayantes aux théologiens de la libération[18]. C’est cette relation avec le marxisme qui est une des raisons de la persécution de la hiérarchie vaticane de l’église catholique à la TL. En plus de ces deux éléments je voudrais en ajouter brièvement, quelques autres que je considère aussi comme parties des contenus matriciels des TL.

La dimension communautaire. L’expérience chrétienne latino-américaine est une expérience ecclésiale, communautaire. Les Communautés Ecclésiales de Base (CEBs) sont le moteur d’une nouvelle façon d’être église. Les CEBs reflètent, pensent, se rassemblent, célèbrent, fêtent la vie au milieu de la mort, la pauvreté, l’exclusion. C’est la nouveauté que Leonardo Boff souligne dans son livre Igreja: Carisma e Poder. Les communautés, aussi, lisent la Bible. La lecture populaire de la Bible devient aussi une méthode qui rapproche la Bible de la réalité quotidienne. Finalement il y a un contenu qui est presque systématiquement oublié : la spiritualité. Pourtant elle est aussi à la genèse des TL. « La teología de la liberación », écrivait Leonardo Boff « nació de una profunda experiencia espiritual : la sensibilidad y el amor por los pobres que componen las grandes mayorías de nuestro continente »[22]. La spiritualité de la libération est présente dans les écrits de Gutiérrez[23]ou Leonardo Boff[24].

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3. Les transformations

La question générale qu’on pourrait se poser est de savoir si les actuelles manifestations théologiques en Amérique Latine peuvent s’appeler TL. Premièrement nous devrions voir quelles sont les manifestations  théologiques actuelles.

Si je devais choisir quelques manifestations significatives de la théologie latino-américaine aujourd’hui, je dirais que cinq parmi les plus importantes sont : la théologie indigène, la théologie écologique, la théologie économique, la théologie féministe et la théologie pentecôtiste. Cette nouvelle conscience de la relation avec la terre, cette redécouverte est à la base de la théologie écologique de Leonardo Boff. Après ses classiques « Jesucristo Libertador » et « Igreja. Carisma e poder »[27], depuis les années 90 sa production bibliographique se centrera sur la question écologique. Il essayera d‘articuler le cri des pauvres, caractéristique de la TL, avec le cri de la terre, le cri de la création. Une autre dimension non présente dans les années 70 et qui fut développée ultérieurement est la relation entr théologie et économie. Les analyses du pourquoi de l’existence des pauvres et les modèles économiques appliqués en particulier le néolibéralisme, deviennent centraux. Comme le souligne Jung Mo Sung, l’économie était une discipline presqu’absente de la TL à ses origines. Une quatrième manifestation théologique latino-américaine contemporaine est la théologie féministe et dans certains cas éco-féministe latino-américaine. Les revendications du mouvement féministe sont incorporées dans une lecture qui prend en compte le contexte latino-américain.Une cinquième manifestation est la théologie pentecôtiste. Le mouvement pentecôtiste et charismatique a eu une croissance impressionnante en Amérique Latine. Une interprétation simpliste oppose TL et pentecôtisme. Le monde pentecôtiste est beaucoup plus complexe. Il y a aussi des efforts pour interpréter le pentecôtisme en clé libérationniste.

4. Conclusion

Je voudrais retourner à la question du début. Est-ce que les TL ont quelque chose à voir avec les changements politiques contemporains en Amérique Latine ? Evidemment la réponse n’est pas simple. Il n’y a pas, je crois, une relation directe. Mais si nous prenons, par exemple, le gouvernement Lula au Brésil, il y a eu une relation entre les CEBs et la création du PT. Le support de théologiens de la libération comme Frei Betto ou Leonardo Boff au Président Lula, fut clair au début de son premier gouvernement.  Aujourd’hui après son réélection, les critiques d’il y a un ou deux ans ne sont plus si audibles. C’est, je le répète, et pas seulement dans le cas de Brésil, une question complexe. Une question, qui à mon avis, doit se poser dans un contexte différent. Le monde n’est pas le même qu’il y a vingt ou trente ans. L’Amérique Latine aujourd’hui n’est pas l’AL des années 70, 80. Il n’y a pas des dictatures ou de confrontations armées, mais la pauvreté, la violence, la corruption, la destruction environnementale sont des défis présents dans tous les pays. Les TL comme théologies politiques doivent, urgemment, réfléchir sur les implications de la démocratie, dans  un contexte de mondialisation, de renforcement des fondamentalismes religieux. Les TL ont-elles quelque chose à dire aujourd’hui? Ou est-ce qu’on devra parler d’un après la TL ? Ce sont autant de questions pour les prochaines rencontres.

 

30.01.2008

Le dire le faire

13ac98ace246aeefcdfdfd40baf90db2.jpgNella sporta del Natale il dono della fede

Degli amici che erano di passaggio qui a La Paz mi hanno informato che un giovane prete bergamascho ha comprato o gli hanno regalato un paio di scarpe del valore di 500 Euro. Non pensavo che ci fodssero scarpe cosí care. Io qui a La Paz sono andato al mercato dell’usato e ho preso un paio di scarpe che metto da tre anni e le ho pagate tre dollari. Ho fatto tre calcoli e mi sono reso conto che con quei  500 euro il governo boliviano potrebbe pagare il mangiare a tutte le 1300 persone detenute nella carcere di San Pedro, per un giorno e mezzo. (Regime penitenciario da a ogni prigioniero sotto forma di cibo  1/3 di euro al giorno)  Perché introdurmi sul tema dei Fidei donum con un esempio di questo genere? E´ tutto questione di stile. Amzi di qualitá nello stile di vita che conduciamo. Se dovessi tirare le reti in barca e dovessi fare la scernita dei valori che ho racconto gratuitamente nella mia vita direi che metterei a salvo subito il dono della spiritualitá  intesa come il dare senso e valore a tutto quello che accade in me, attorno a me e in sinergia con le persone con cui tutti i giorni sono in rapporto. Il Dio della vita non puó dare che risposte positive, di spinte in avanti, di energie che superano quelle fisiche,  di ritrovare quello che pensavamo perso, tutto questo transitando in un contesto avverso fatto di paure, di tentennamenti, di indifferenza e di vuoto. L’altro regalo che metto nella cesta con molta cura sarebbe quello di stare nella storia con l’atteggiamento di disponibilitá a partire sempre, di mettersi nelle contraddizioni non con rassegnazione ma con la coscienza di assumere e rispondere all’ora di Dio che suona ininterrottamente dal campanile delle nostra coscienza collettiva. Entrare nella storia con l’atteggiamento dell’ortolano che tutti i giorni vanga la terra, che mette  concime alle situazioni quotidiane perché questo concime anche se incomodo, anche se ci lascia addosso un odore che a volte ripulsa chi ci sta accanto, alla fine é quello che introduce speranza e forza ai semi che gettiamo con cura nella casa, nel paese, nel lavoro, nel bar in compagnia. Entrare nella storia con l’atteggiamento di chi guarda il cielo e interpeta le nuvole, la luna, il vento, (mio nonn diceva … se sento il fischio del treno vuol dire che l’aria umida urriva giú dai colli bergamaschi e quindi porta pioggia) Leggere la storia che ci inzuppa e ci inumidice di sentimenti, di sensazioni e di passioni é importante non per aprire l’ombrello e restarne al margine ma respirare le tensioni che si danno per prepararsi a affrontare con tenacia e fedeltá il passaggio di Dio che viene a virere sotto la nostra tenda.  Con l’atteggiamento di coluí che deve fare delle potature, deve togliere e srarire un pó il fogliame altrimenti tutto cresce piccolo e perde di sapore. Quindi togliere i fiori agli zucchini o nuovi germogli ai pomodori non si fa per uccidere la pianta  ma per dare qualitá al nostro intervento. Non posso io dire a mia moglie ti voglio bene e poi il giorno seguente andare a cercare scappatoie con un’ altra donna. Non posso dire a Dio “ sia fatta la tua volotá” e poi ho tutto programmato perché le cose vadano sempre e solo come io ho detto e voglio. Non posso nemmeno depositare 5 euro nella busta della parrocchia e poi parlare male dell’immigrante che é presente nel mio paese . Le potature nella nostra vita sono fondamentali per dare qualitá e spessore a quello che sismo e facciamo. L’ortolano é anche quello che raccoglie, che deposita con orgoglio il raccolto che la stagione gli ha regalato e dove lui é stato uno degli artefici delle succose melanzane prodotte.

b1f70146b3f540c6a883144b481259a6.jpgQuando vedi che tua figlia é stata promossa e con buoni voti anche tu ti senti complice del successo. Quando i fatti dimostrano che quel tragazo che aveva problema con la droga e  adesso sta laborando, ha trovato la morosa e ha messo la testa a posto anche tu ti senti parte del successo personale e collettivo di tutto una strategia pedagógica vero?  L’essere nella storia peró, e questo é l’altro pesce grosso che metto da parte, ha una connotazione speciale che non tutti capiamo ne vogliamo capirne. La storia si costruisce dal basso, dalla periferia, da chi é piú lontano dal centro e dalla logica del successo. Entrate a far parte della festa voi perché …”ero in carcere, forestiero, nudo, ammalato, assetato, o anche nell’ospedale con una malattia terminale, in una casa famiglia perché i miei genitori si sono separati e mi hanno mollato per la strada, o evitato da tutti e tutte perché ha un difetto fisico, non so parlare bene, dipendo da una carrozzella, o schivato per il fatto che ho la pelle un po scura e parlo male  l’italiano e sono sempre nell’angoscia di essere guardato a vista con sospetto, con le telecamere e come un intruso che viene a togliere lavoro agli aitaliani … e vi siete interessati di me dandomi accoglienza e solidairtá”. Sí, io credo che la messa che celebriamo la domeica ha senso solo se dallo stato cristallino passiamo allo stato liquido, se superiamo quel senso di purezza, di incontaminazioe, di mantenerci “in scatola sigillata” e scioglierci nell’acqua anche sporca della storia e della vita quotidiana dando sapore a quello che siamo e facciamo. L’altro grosso regalo che metto da parte e metto in vista in un posto privilegiato é quello della paternitá e  della maternitá. I figli ricevuti sono regalo preziosíssimo. Io e Bertha assieme al Dio della vita siamo coautori della creazione all’interno della strategia della “culminazione delle cose” del successo della vita. Credo che non esiste una espressione piú sbagliata che quella di dire “Perché mettere al mondo figli se devono soffrire tanto, o vedano queste cose, o destinati a morire nel non senso della vita”. Credo che questo é paragonabile a una bestemmia perché nega l’essenza di Dio. Io credo il contrario, Dio con la sua visita da noi, con il suo esempio, messaggio e compito da fare qui su questa tertra, con la sua risurrezione, ci ha segnalato invece un’ altra strada. Questa storia, questa vita collettiva e personale, questo pianeta terra, dobbiamo condurli a orizzonti e porti dove la persona si senta bene, dove tutti possono mangiare a sazietá, divertirsi sanamente, realizzare i loro sogni, cambiare la politica, in bene e patrimonio collettivo, dove le leggi sono rispettate, dove il sapere é proprietá di tutti, dove le decisioni si prendono assieme e si rispettano, dove l’aria é pulita e profumata, dove il colibrí non scappa perché minacciato da qualcuno, dove diamo e rispettiamo i diritti dei pesci e delle piante. Questo non lo puó fare una legge, o una poltica pubblica o le raccomandazioni delle Nazioni Unite, questo lo facciamo noi in comunitá, con la complicitá di chi ha bevuto il nostro latte, é stato nelle nostre braccia con la fiducia di essere amato e protetto, questo lo fa chi é passato per esperienze di accoglienza, di sentirsi figlio e fratello, ha respirato quella corrente di positivitá che ha acceso l’ottimismo, la voglia di vivere, la determinazione di cambiare lo sposrco in pulito, l’urlo in carezza, lo sbaglio in perdono, il súbito in pazienza, Ti ricordi di quel papá che quando é andato all’incotro del figlio non é andat con il cinturone fra le mani o con la fattura del valore delle cose che gli avava dato quando se n’era andato, ma con le braccia aperte, con l’atteggiamneto di non ascoltare nemmeno le scuse del figlio, sicuro solo di ristabilire il rapporto rotto, Tutto sfocia nel fare festa, si uccidere il vitello grasso perché il ritornare nella famiglia é il bene maggiore che fa dimenticare il passato, é la base per ricominciare il nuovo. 3dcdba4c6ea2230885fdef030a794bea.jpgE noi invece siamo come quel fratello che vorrebbe propore la frantumazione della famiglia, non vogliamo entrare a partecipare dell’ utopia della comunitá, della bellezza del vivere insieme in comunione, facciamo prevalere il diritto e no l’essenza del senso di stare assieme sotto lo stresso tetto, sotto lo stesso progetto e strategia di vita. La famiglia, oggi troppo calpestata e svalutata, é il luogo dell’incontro, della condivisione della festa, del destino di quello che sará la nostra eternitá assieme al Padre nostro. IL gruppo Bergamo in Bolivia mi ha aiutato a capire e viviere queste esperienze, ha vissuto e scolpito nella sotria della chiesa locale e della chiesa  bergamasca questa voglia di portare vita e voglia di vita abbondante nelle varie realtá che ha percorso. Ha fatto scelte coraggiose proprio per la coscienza collettiva del regalo della fede (Fidei donum)  che ha tradotto in caritatis donum,  (dono della caritá) nella politica, nell’azione sociale, nella pastorale, nella scelta della periferia, nella lectura dell’Ora di Dio in questo contesto e in questo tempo. Siamo prossimi al Natale, non c’é altro da fare che ringraziare, Non solo con quel grazie accompagnato da una bottiglia o da un panettone otto l’albero illuminato con gli auguri sonsueti, ma il grazie che dobbiamo dare a Dio che é venuto a abitare in mezzo a noi e a portarci nella sporta del Natale il dono della fede che si é tradotta in solidarietá e in annuncio di vita a partire da chi vive fuori di Betlemme.Ciao a tutti

10.12.2007

Les lendemains d’hier

 

642bae2df615c3b3329b78a145516f15.jpg« Difficultés subjectives. Danger de l’observation superficielle. Ne pas « croire ». Ne pas croire qu’on sait parce qu’on a vu ; ne porter aucun jugement moral. Ne pas s’étonner. Ne pas s’emporter. Chercher à vivre dans la société indigène. Bien choisir les témoignages. (…) L’objectivité sera recherchée dans l’exposé comme dans l’observation. Dire ce que l’on sait, tout ce que l’on sait, rien que ce que l’on sait. » Marcel Mauss, Manuel d’ethnographie, 1950.

La prison de San Pedro était d’abord un couvent construit pour 300 nonnes. Peu à peu elle est devenue une micro cité de plus de 3000 âmes. Des prisonniers y ont été amenés, jusqu’à ce que leur nombre dépasse celui des bonnes sœurs. Celles-ci ont été alors priées d’aller louer Dieu ailleurs. Le terrain a été occupé pour la peine ; une autre forme de transcendance ? Les prisonniers ont été installés, mais l’on distingue toujours la façade blanche du monastère parmi les amas de bâtiments nouveaux qui se sont construit autour, au-dessus. Les croix dominent toujours la cour intérieure, côte à côte avec les miradors. Nous, groupe Suisse d’étudiants en théologie sommes à la grille d’entrée où se trouvent les 6 policiers, gardiens du bâtiment. Leurs yeux sont tournés vers l’extérieur. Invités par une association locale, nous venons nous plonger dans la réalité d’une prison en Amérique Latine, en témoigner. A l’intérieur : nul policier. Ici, c’est le règne des détenus. Nous passons par un détecteur de métaux, sommes priés de déposer nos passeports dans un grand bac en bois. De l’autre côté des grilles, une cour immense où se trouvent environ 200 détenus, qui attendent la visite de leurs femmes, familles. De là, ils ont un droit de regard sur la rue. Et c’est peut-être surtout cela qu’ils viennent guigner : la rue, la vie, le passage des voitures. Le souffle de la liberté au travers des barreaux ! La grille s’écarte, nous entrons dans la prison. Tout de suite, nous sommes noyés dans la foule. Sensation étrange d’être avalés dans la masse dont la différence avec nous est radicale. Nous sommes libres, occidentaux, blancs. Eux : prisonniers, métisses, pauvres. Les fantasmes défilent dans nos têtes. Sensation d’insécurité qui dure quelques secondes jusqu’à ce qu’un homme, espagnol, vienne nous parler. La masse devient individus, riches de possibles rencontres, d’échanges de nos histoires de vie. La parole libère. « Je suis de Barcelone. Vous connaissez Barcelone ? Ici personne ne veut me toucher. Je prends ma douche seul, bois mon café dans des sachets en plastique. Les autres ne veulent pas que mes lèvres touchent leurs lèvres. Je suis enfermé ici pour trafic de drogues. Trafic- trafic- fric- Ah ! Méfie-toi de la femme chilienne, de l’homme péruvien et de la justice bolivienne il dit- méfie-toi de la justice Bolivienne. Je suis seul ici. Seul-seul, répète-t-il en se frottant la barbe, les yeux au ciel. Les rares étrangers sont surtout Péruviens, Colombiens. A San Pedro, ils sont pratiquement tous dans la section « El pino », arbre qui trône dans la cour de la section. C’est beau un arbre en prison ! On pense alors aux mille chats qui peuplent la cour intérieure de la prison de Champ-Dollon à Genève, et on les imagine grimper dans cet arbre. On s’évade à nouveau. San Pedro est comme une poupée russe, un emboîtement de divers régimes, de multiples degrés d’enfermements. Des solitudes extrêmes et des petits rois dotés de cours se côtoient, tenus dans des rapports extrêmement codifiés. Nous entrons peu à peu dans ce labyrinthe, passons à côté d’un bureau : Psicología est-il marqué dessus. Les gens voient donc une psychologue ici ? Les détenus rient. Non, jamais ! A la sortie seulement, pour faire une expertise, obtenir des papiers, poser un tampon ici ou là. Mais sinon, rien. Non, aucune entrevue, nulles rencontres. Aucunes paroles. Le néant. Le premier choc, à San Pedro, c’est de croiser les femmes et les enfants qui remplissent les ruelles de la prison. Nous sommes plongés dans une petite ville dans la ville, avec ses lois propres, ses commerces : restaurants, coiffeurs, églises. Condamnés et familles purgent leur peine ensemble. Innocents, coupables, mineurs, malades, tous dans le même panier grillagé. Mélange indifférencié de sexes, d’âges, en contradiction complète avec tous les principes de différenciations ou de séparations des peines. Bien souvent soutien financier de la famille, l’homme, lorsqu’il est envoyé en prison, laisse sa femme isolée et ne pouvant plus assumer tous les frais d’un foyer. Les enfants sont envoyés en prison avec leur père. Les femmes peuvent dormir avec leurs conjoints pour 15 bolivianos par nuit (3 FS). La prison est donc aussi une pension, un lieu de vie ! Les femmes tricotent, les enfants jouent, se donnent des coups. Ecole du crime et de l’asocialité, selon les mots mêmes du ministre de l’intérieur de Bolivie, les prisons sont des incubateurs de la délinquance et produisent plus de délinquants que ceux qu’abrite actuellement la Bolivie. Environ 600 mineurs purgent des peines en compagnie d’adultes dans ce pays, avec des conséquences évidentes : abus sexuels, physiques, et moraux,  etc., Il y a trois jours de visites théoriques prévues au règlement de la prison. En payant, il est bien sûr possible de venir d’autres jours de la semaine. Avec l’argent, il est possible de faire beaucoup de choses à San Pedro. Cela fait dire à beaucoup de détenus, d’une manière lucide, que l’enfermement est avant tout celui de la misère sociale. Ce sont les pauvres qui arrivent ici, et les plus pauvres qui y restent. L’enfermement n’est pas proportionnel à la gravité du délit commis, mais aux manques de moyens pour y échapper. Les cellules sont mises en vente. Suivant les sections (au nombre de 7), et suivant le taux de remplissage de la prison, les prix varient  à la hausse ou à la baisse. Le détenu qui arrive a le choix entre louer ou acheter. S’il ne peut faire ni l’un ni l’autre, il devient un savonero, et dormira dehors, dans les cours ou les travées des étages, sera employé par ses pairs pour laver les sols, faire les lessives, la cuisine. Exposé ainsi aux intempéries et surtout aux agressions, il vivra une vie de précarité dans la précarité. 36f1e9cd633e3a48bb87873f5dc466c0.jpgQuand le détenu est libéré, il revend sa cellule, espérant bénéficier des cours pour en tirer un bénéfice. Dans les sections, il y a des tableaux d’affichages comme on en trouve sur les campus américains, avec les offres d’achat et de vente des… cellules, les possibles compagnonnages. Les prix? Jusqu’à 4500 francs suisses pour une cellule dans la section riche, environ 2000 francs dans les autres. Pour ceux qui n’ont rien, on l’a déjà dit : le sol, et la mendicité pour se nourrir. Une femme nous raconte les visites d’enfants à la nuit tombée qui viennent mendier un morceau de pain. Elle pleure ceux qui se couchent le ventre vide. Pour ceux qui peuvent manger, c’est une sanction supplémentaire de se voir ainsi confrontés à encore plus pauvres qu’eux. Le sentiment de révolte et d’injustice ne peut que grandir dans un tel environnement. Les condamnés pour crimes sexuels, n’ont pas droit à l’achat d’une cellule. Sitôt arrivés, ils se retrouvent pour trois mois dans les cuisines de la prison. Leur crâne est rasé, et ils dorment là. Après, ils peuvent essayer de rentrer dans une section, en jouant de rencontres, de contacts. S’ils n’y arrivent pas, ils resteront exposés dehors. Savonero, savonero, savonero. Sur les parois de chaque section sont écrites les lois à l’encre noire, avec l’énoncé des sanctions à la clé. Des chefs de section, dotés d’adjoints, sous-chefs de ministères ( au sport, à l’hygiène, la cuisine, etc.), veillent à la bonne marche de la vie en commun. Nous entendons le récit de personnes dangereuses qui ont été expulsées par un phénomène d’alarme générale. Les détenus préviennent les autres reclus des attaques par des sons de cloches, la solidarité jouant pour punir les agresseurs. S’ils récidivent, pression est faite auprès des gardiens pour qu’ils soient emmenés dans une autre prison. Tout le monde a intérêt à ce que cela se passe « bien », c’est-à-dire : à assurer un minimum de sécurité viable dans un lieu ou la liberté et l’espace sont absolument restreint. Tout peut arriver à San Pedro disent les détenus. Certaines personnes ont pu en repartir diplômés. D’autres, la majorité, sombrent dans la prostitution ou l’alcoolisme. Rien n’est mis en place pour les détenus, c’est à eux de choisir leur ligne de vie. Mais comment faire des choix, privé de liberté, dans des conditions aussi précaires ? Illusion d’un libre arbitre lorsque les conditions structurelles sont celles de la plus terrible fragilité. Tout se vend et s’achète à San Pedro. La drogue et l’alcool rentrent en masse, grâce aux gardiens corrompus qui parfois, selon les récits des détenus, introduisent eux-mêmes les substances, ou alors ferment complaisamment les yeux. Nombreux sont ceux qui disent avoir commencé là leur carrière d’addictions et de déréliction. Qui contrôle cette prison ? Cette question nous taraude alors que nous continuons d’avancer dans les couloirs tortueux de San Pedro. Qui contrôle vraiment cette prison ?  -L’argent. Qui contrôle vraiment cette prison ? -Les détenus, dépossédés de tout pouvoir, par un équilibre de rapports de force, et de masse. Les détenus, qui n’ont plus rien, mais sont prêts à le défendre.  

Sylvain Thévoz